Salomé Saqué

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Le seul pouvoir qu’il nous reste : c’est le savoir.

Informez-vous sur l’Histoire, le programme, les prises de position du RN. Écoutez les historiens.

« Quand les fascistes reviendront, ils auront le parapluie bien roulé sous le bras et le chapeau melon » écrivait George Orwell. Il aurait pu remplacer ça par un costume-cravate.
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Avec Jean-Marc Jancovici nous avons discuté climat et jeunesse.
L'occasion de faire le point sur ce que vivent les plus jeunes en France, sur leurs modes d'engagement, dans ce débat intitulé “les jeunes peuvent-ils sauver la planète“ organisé par Sphères magazine et restitué dans un petit livre disponible en librairies. (spoiler, non, ils ne peuvent pas sauver la planète tout seuls)

Merci à Marie Flament pour les photos ! 📷
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Toutes les prévisions donnent un nombre impressionnant de triangulaires au deuxième tour, où il y aurait donc la nécessité de faire barrage au Rassemblement National (ce que la gauche a fait en 2022 !) pour éviter une potentielle bascule autoritaire. Car c’est bien de cela dont il est question. Quelles que soient nos opinions politique, ce qui se joue dimanche, c’est notre volonté, ou non, de rester en démocratie.

Et je crois rester dans mon rôle de journaliste en le rappelant, encore et encore (cf mes derniers posts sur les conséquences de l’extrême droite au pouvoir dans d’autres pays européens).

Seulement ce barrage n’aura pas lieu.
L’extrême droite va s’emparer du pouvoir uniquement car la macronie a changé de position et a décidé de renvoyer dos à dos les « extrêmes », ce qui va provoquer un raz de marée de députés d’extrême droite. Si le président s’en tenait à la décision du Conseil d’État et appelait à faire barrage à l’extrême droite, la situation politique changerait totalement.
Cette expression « les extrêmes » employée par Emmanuel Macron (et tant d’autres) en plus d’être structurellement erronée, est la cause de ce qui va précipiter le pays dans les mains d’un parti dangereux pour la démocratie.
Quand on utilise l’expression « les extrêmes », on participe à cela.
Notre société est malade d'individualisme.
J'ai écrit cette vidéo avec toute la tristesse et la colère que cette histoire a provoqué en moi, et je vous explique pourquoi ces émotions font partie de mon travail de journaliste.
J'ai une empathie à géométrie variable.
Et vous aussi. Absolument tout le monde en réalité.

C'est ce qu'explique la neuroscientifique Samah Karaki dans son dernier livre “L'empathie est politique“. Dans cet ouvrage, elle explore les biais qui construisent notre empathie, à toutes et tous.
Pourquoi n'avons-nous pas le même degré d’identification à certaines parties de la population ? En d’autres termes, qu'est-ce qui donne à voir l'autre comme un semblable, dont nous pouvons comprendre et partager les émotions, ou au contraire, le marginalise et empêche tout phénomène d'empathie?

Si l’empathie à géométrie variable est en quelques sortes biologique selon ses recherches, sa construction en revanche est éminemment politique, et n’a pas grand chose de naturel. Pour qui compatissons-nous, et pour qui ne le faisons nous pas ? Cela relève avant tout de notre construction sociale en tant qu’individu.
Et ce n'est pas uniquement géographique ou culturel : on peut avoir une absence d'empathie pour des personnes qui habitent dans notre propre maison, et partagent les mêmes normes culturelles que nous (les hommes envers les femmes par exemple).

L’empathie, ça s’encourage, se construit, se façonne, notamment par les médias et la culture, tout comme la déshumanisation, qui est un processus très politique là encore.
La déshumanisation d’un groupe social ou d’une partie de la population auprès d’une autre partie de la population est d’ailleurs le préalable pour permettre sa discrimination, les violences à son encontre, voire son anéantissement. Ce livre donne à comprendre (en partie) ce qui permet des génocides ou des massacres.

Bref, pour Samah Karaki il est urgent de faire ce constat : l’empathie est faillible et sélective. Selon elle, nous sommes tous inévitablement exclus de l’expérience des autres, et un surplus d’empathie peut même empêcher de mener une action de protection efficace. Plutôt que d’apporter à la souffrance et à l’injustice une réponse individuelle et affective, elle plaide en faveur de mesures politiques et sociales.

Son livre est à mes yeux indispensable pour comprendre ce qui est souvent brandi par les politiques comme une solution (nous aurions “trop“ ou “pas assez“ d'empathie, au point que Gabriel Attal avait même proposé des “cours d'empathie“ à l'école), prendre conscience de nos propres biais, et s'interroger collectivement sur la manière dont nous pourrions construire une société plus juste et moins violente.

C'est pourquoi je suis fière de vous présenter cette longue interview, où elle peut développer le résultat de son travail de recherche, à retrouver ici en entier :
https://lnkd.in/eF3te8yp
Le réchauffement climatique ne prend pas de pause, même lorsque les médias et les responsables politiques en parlent moins, il continue à s’intensifier.
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Comment la crise du logement est devenue le visage de la pauvreté.

Elle a été retrouvée inerte sur un carton dans les rues de Carpentras (Vaucluse), emmitouflée dans une dizaine de couvertures. Élisabeth, la soixantaine, est morte de froid au début du mois de janvier.
À son enterrement, le maire de la ville lui a rendu hommage et a déploré le nombre de places manquantes en centre d’hébergement d’urgence. Car Élisabeth vivait dans la rue depuis plusieurs années et, comme de nombreux autres SDF, elle n’a pas survécu à la vague de froid qui s’est abattue sur la France en ce début d’année.

Un fait divers qui n’en est pas un, puisqu’il s’inscrit dans le cadre de la grave crise du logement que traverse le pays depuis plusieurs années. En 2022, le collectif Les Morts de la rue a recensé 611 décès de personnes sans abri en France, dont cinq enfants de moins de 5 ans. Dans la 11e édition de son rapport, le collectif décrit une mortalité massive et précoce des personnes « sans chez-soi ». Si Emmanuel Macron avait assuré en 2017 qu’il ne voulait plus « d’ici la fin de l’année » de personnes sans logement, c’est loupé ! Depuis cette vaine promesse, le nombre de SDF a quasiment doublé en France. Aujourd’hui, il y en aurait au moins 330 000 selon la Fondation Abbé Pierre, soit 30 000 de plus que l’année précédente.

Aux origines de cette situation dramatique : une crise du logement profonde et durable. La crise de 2008 avait fait exploser les inégalités d’accès au logement et, depuis, c’est une longue descente aux enfers. À tel point qu’en 2019, l’ONU a déclaré la France coupable de « violations des droits humains » dans sa gestion des sans-abri. Si les SDF sont le visage le plus tragique de cet accès de plus en plus limité au logement, plus de 4 millions de personnes sont mal logées en France selon la Fondation Abbé-Pierre. Près d’un million de personnes habitent dans des logements en surpeuplement et 3,5 millions ont froid en hiver faute de pouvoir chauffer leur habitat.

En 2021, 786 000 coupures d’énergie ou réductions de puissance ont été effectuées pour cause d’impayés (soit 22 % de plus en deux ans), et plus d’un million de personnes sont aujourd’hui en situation de loyer impayé.

Au total, si on compte toutes les personnes qui vivent dans des habitats en surpeuplement, les propriétaires qui habitent dans des logements dont ils ne peuvent plus payer les charges et les personnes pour qui le coût du logement est si élevé qu’il ne leur reste plus assez d’argent à la fin du mois pour subvenir à leurs besoins, la Fondation estime à 15 millions le nombre de personnes touchées par la crise du logement – un record historique.

En France, cette crise est sûrement l’un des plus gros enjeux sociaux de notre époque, et pourtant, on la connaît si mal quand on ne la vit pas.

La suite de cet article que j'ai écrit pour le magazine Socialter est à retrouver ici : https://lnkd.in/e9B-zUV3
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